RENCONTRE AVEC LUCIEN GERBIER, AGRICULTEUR MÉTHANISEUR PARTENAIRE DE MOULINOT

Moulinot travaille avec des acteurs engagés dans la valorisation des biodéchets. Parmi eux, des agriculteurs méthaniseurs transforment ces matières en énergie renouvelable et en fertilisants naturels. Rencontre avec Lucien Gerbier, un exploitant agricole dans le Maine-et-Loire, engagé dans la transition énergétique depuis plus de vingt ans.

Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ainsi que votre exploitation ? Que produisez-vous ?

Je m’appelle Lucien Gerbier, je suis agriculteur depuis 1976. Je gère une exploitation de 275 hectares, où je cultive des cultures standards : blé, orge, maïs, tournesol et quinoa.

Vous avez depuis longtemps orienté votre exploitation vers un modèle plus durable, comment est venue cette démarche ?

Nous avons lancé la réflexion en 2002, quand mes fils sont arrivés sur l’exploitation. Nous avons rapidement voulu remplacer les engrais chimiques par des engrais organiques, substituer les énergies fossiles par des énergies renouvelables, réduire les phytosanitaires autant que possible et mieux valoriser les matières organiques.

Nous avons donc d’abord installé une plateforme de compostage qui nous permettait de produire des amendements organiques.
Ensuite, nous avons développé une activité autour de la biomasse bois. Nous valorisons le bois en plaquettes forestières et en granulés. Ces combustibles alimentent des chaudières biomasse et remplacent les anciennes chaudières au pétrole.
Nous avons notamment construit des bâtiments photovoltaïques qui servent au stockage du bois énergie.
Enfin, nous avons développé des solutions de paillage lorsque le “zéro phyto” s’est imposé dans les communes.

Pourquoi avoir choisi de vous lancer dans la méthanisation, et depuis quand ?

Pour deux raisons principales. D’abord, le projet est devenu possible en 2016 lorsque l’injection de gaz dans le réseau s’est développée en France. Ensuite, nous avions des déchets alimentaires à valoriser. Et, selon moi, la méthanisation est plus pertinente que le compostage seul.
En effet, celle-ci permet la production de biogaz et de digestat solide et liquide qui apportent des éléments fertilisants. Le digestat solide retourne dans le compost tandis que le digestat liquide fertilise directement les cultures.

Pourquoi les déchets alimentaires sont-ils une ressource précieuse pour la méthanisation agricole ? 

Comment fonctionne votre unité de méthanisation ?

Avec mon associé François Dusannier, nous avons construit l’unité de méthanisation en 2020 à Chacé, près de Saumur. Le site se situe dans une zone industrielle très proche du réseau de gaz.

Une partie du biogaz qui est produit est donc injecté dans ce dernier. L’autre partie alimente la mobilité locale. En effet, l’autre société dont je fais partie, Saumur Énergie Verte, fournit en biogaz les camions et les bus de la ville. Aujourd’hui, une cinquantaine de véhicules roulent grâce à cette énergie verte. La station réalise plus de 30 pleins par jour.

Nous avons aussi mis en place un plan d’épandage de 2 000 hectares. Chaque année, des agriculteurs locaux s’inscrivent pour bénéficier du digestat produit à partir des biodéchets.

Pourquoi avoir choisi de travailler avec Moulinot ?

Moulinot apporte un vrai savoir-faire que nous n’avons pas, notamment sur la collecte des biodéchets et leur préparation en soupe organique. Leur système de déconditionnement est très performant, à une échelle que nous ne pourrions pas atteindre seuls. Nos métiers sont complémentaires. Chacun apporte son expertise dans la chaîne de valorisation.

Ainsi, notre partenariat avec Moulinot nous permet de valoriser jusqu’à 5 000 tonnes de biodéchets par an, soit 20 % de la capacité de notre méthaniseur.