Rencontre avec Julien, Chargé de formation chez Moulinot

Julien est Chargé de formation chez Moulinot. Il forme au quotidien des chauffeurs collecteurs chez Moulinot, maillons essentiels de la chaîne de valorisation des biodéchets. Il revient sur son parcours atypique et sur l’importance du facteur humain dans son métier.

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Julien, j’ai 36 ans et je suis chez Moulinot depuis 11 ans. Mon parcours est assez atypique : j’ai rapidement interrompu mon BEP comptabilité pour entrer directement dans la vie active. Après avoir effectué différents métiers dans la vente, la restauration et l’hôtellerie, j’ai eu l’opportunité d’occuper un poste de chauffeur permis B chez Moulinot en 2014. Le fait de me retrouver dans un camion, au calme, avec beaucoup d’autonomie, m’a tout de suite plu.

Après être passé chauffeur permis C1, j’ai été nommé chef d’équipe des collecteurs puis j’ai été chargé de la planification des tournées des chauffeurs. L’occasion de devenir formateur s’est ensuite présentée et ça m’a tout de suite plu car je forme un public qui me ressemble. Cela fait maintenant deux ans et demi que j’occupe ce poste.

J’ai beaucoup changé de métier par envie de découvrir de nouvelles choses et volonté d’évoluer malgré mon absence de diplôme.

En quoi consiste votre métier ?

Je forme principalement des chauffeurs collecteurs sur des sessions de trois mois qui combinent théorie et pratique. J’organise par exemple des visites sur des sites de méthanisation et d’enfouissement pour comprendre comment sont traités les déchets.

Je suis aussi amené à donner des formations plus courtes à des entreprises de collecte. J’y aborde plusieurs aspects de la collecte de déchets comme l’écoconduite ou le métier de ripeur.

Quelles sont les compétence clés pour exercer votre métier ?

Il faut avant tout être patient et savoir gérer l’humain. Il faut avoir conscience des parcours des stagiaires pour comprendre que certains retards ne sont pas volontaires par exemple. Être attentif, à l’écoute, pédagogue et empathique sont également des qualités indispensables. Enfin, avoir une bonne connaissance du secteur est un atout. Quand on est passé sur le terrain, il est plus facile d’expliquer le métier et de transmettre le savoir.

Qu’est-ce qui vous motive le plus dans votre travail ?

J’apprécie beaucoup le côté humain du métier. Je forme des demandeurs d’emploi de tous horizons : des personnes en détention, des seniors… J’ai beaucoup de plaisir à retrouver chaque jour ces groupes de 8 à 10 personnes, de travailler ensemble pour un objectif en commun qui est d’obtenir leur diplôme, et de créer une vraie cohésion. On n’est pas dans un contexte scolaire classique, on forme un groupe, et cela est fédérateur.

Y a-t-il un moment marquant ou une fierté que vous aimeriez partager ?

Je suis fier d’être chez Moulinot depuis la création et d’avoir évolué en même temps que l’entreprise. Mais ce qui me touche le plus, c’est de voir mes stagiaires obtenir leurs diplômes. Pour la plupart, c’est le premier de leur vie donc c’est toujours très émouvant. Il me semble que j’arrive à créer une vraie cohésion dans le groupe et ça se confirme avec leurs résultats. Je suis à 100% de réussite sur 40 personnes formées pour le moment !

en quoi VOTRE rôle est-il un maillon essentiel dans la collecte et la valorisation des biodéchets ?

Tout d’abord, le rôle des chauffeurs que je forme est primordial. On les considère souvent à tort comme les derniers maillons de la chaîne alors que ce sont eux qui collectent toutes nos poubelles et qui nous permettent ensuite de les transformer en ressource.

En tant que formateur, mon rôle est aussi de sensibiliser et de transmettre des connaissances. Encore beaucoup de gens ne savent malheureusement pas comment trier convenablement leurs déchets et ce malgré la loi AGEC. En formant les chauffeurs, j’espère contribuer indirectement à améliorer la sensibilisation et la qualité du tri.

ENFIN, QUELS SONT LES ENJEUX DE LA FILIÈRE DE LA COLLECTE ET DE LA VALORISATION DES DÉCHETS ALIMENTAIRES SELON VOUS ?

Je trouve que le cadre reste encore un peu flou. Je suis très frustré quand je me rends compte que les gens ne connaissent pas le tri des biodéchets. Pour que cela devienne un réflexe, il faut informer, mettre en place des campagnes de sensibilisation à la télévision, dans les médias… Et pour cela, il faut donner les moyens aux organismes de le faire à travers des aides.