Rencontre avec Ella, conseillère en insertion sociale et professionnelle chez Moulinot

En plus de redonner une seconde vie aux biodéchets, Moulinot  – agréée entreprise d’insertion par la DRIEETS – accompagne les personnes éloignées de l’emploi dans une démarche de réinsertion professionnelle. Ella œuvre au sein du pôle insertion de Moulinot à Stains (93) avec une conviction forte : lever les freins sociaux et professionnels des salariés en insertion pour les aider à retrouver une dynamique de l’emploi. 

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Ella et je suis conseillère en insertion sociale et professionnelle chez Moulinot depuis septembre 2024. J’ai d’abord travaillé dans l’hôtellerie de luxe après avoir obtenu un bac pro services. Les horaires de nuit étant trop contraignants, j’ai bifurqué vers la gestion locative au sein d’un bailleur social. 

Puis l’envie d’accompagner des personnes en recherche d’emploi est née de mon propre parcours : j’ai moi-même été suivie par un conseiller de France Travail qui m’a beaucoup inspirée. J’ai donc commencé par encadrer des équipes de conseillers en insertion professionnelle (CIP) dans une structure prestataire de France Travail. J’ai trouvé ça passionnant. Je me suis formée et cumule aujourd’hui 10 ans d’expérience dans l’insertion professionnelle au sein de structures diverses :  Groupe Vitamine T, Conseil Départemental des Yvelines, Tingari, Humando, Mission locale Intercommunale de Poissy/ Conflans.

En quoi consiste votre métier ?

J’accompagne les salariés en insertion chez Moulinot vers un emploi pérenne pour plus d’’inclusion sociale. Je suis en moyenne entre 16 et 20 personnes de manière continue, avec des entrées et des sorties en emploi régulières. 

Je participe d’abord à leur recrutement. Les candidatures proviennent de la plateforme de l’inclusion, en lien avec les différents prescripteurs dont les Missions Locales et France Travail, ou du centre de formation de Moulinot. Je réalise des diagnostics d’éligibilité pour m’assurer que les candidats possèdent les prérequis nécessaires pour bénéficier d’un parcours en Entreprise d’Insertion : chômeurs de longue durée, bénéficiaires du RSA, résidants de quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), seniors, travailleurs handicapés (RQTH)… 

Les candidats recrutés signent ensuite d’un Contrat à Durée Déterminée d’Insertion (CDDI), allant jusqu’à 24 mois. Ils occupent essentiellement le métier de ripeur ou équipier de collecte, et de chauffeur collecteur de biodéchets. Tous les trois mois, j’évalue avec les responsables d’exploitation et les chefs d’équipe, leurs compétences et leur progression. C’est aussi l’occasion de fixer les prochains objectifs.

En parallèle, mon rôle est de les positionner sur un emploi durable (CDD ou CDI) dans le secteur du recyclage et de l’économie circulaire, ou de confirmer un projet professionnel réaliste et atteignable.

Cela nécessite donc de lever leurs freins sociaux. Bien que les personnes que j’accompagne soient déjà plutôt autonomes, elles peuvent être confrontées à des problématiques liées au logement, aux règles administratives, à des addictions… Pour cela, je cherche des solutions et accompagne chacun individuellement, quelle que soit la nature du problème. Il m’arrive donc très souvent de les aider à faire leurs démarches administratives pour se mettre en règle ou pour trouver un logement, d’aller à la mairie ou à la préfecture avec eux…

Quelles sont les compétence clés pour exercer votre métier ?

Il faut évidemment avoir des compétences techniques comme connaître les dispositifs d’insertion et les publics accompagnés. Mais le plus important restent les qualités humaines. Les personnes que je suis ont des parcours de vie compliqués, il faut donc savoir être à l’écoute, bienveillant, empathique, disponible et apporter son soutien. 

Qu’est-ce qui vous motive le plus dans votre travail ?

Sans hésiter : accompagner et répondre aux besoins de personnes en situation de fragilité. Se donner à fond pour aider quelqu’un à dépasser ses difficultés et le voir décrocher un emploi stable ou retrouver confiance en lui quelques mois plus tard… c’est extrêmement gratifiant. C’est ce qui me fait me lever chaque matin.

J’apprécie aussi beaucoup mon équipe, il y une vraie dynamique collective chez Moulinot.

Y a-t-il une anecdote ou un moment marquant que vous aimeriez partager ?

Il y en a plusieurs ! Récemment, on s’est battus pour aider un salarié en insertion à obtenir un titre de séjour, et ça a fini par aboutir. Il va finalement pouvoir poursuivre son contrat chez Moulinot. C’est une belle victoire.
Une autre fois, j’ai accompagné un salarié qui avait de grosses difficultés en Français. Je l’ai orienté vers des cours adaptés, et aujourd’hui il progresse à vue d’œil. Ce sont de petites réussites, mais pour les personnes concernées, c’est immense.

en quoi VOTRE rôle est-il un maillon essentiel dans la démarche sociale et environnementale de Moulinot ?

Nous sommes une entreprise de collecte ancrée dans l’économie sociale et solidaire*. Notre mission en tant qu’entreprise d’insertion est simple : offrir une seconde chance à des personnes éloignées de l’emploi en les intégrant dans des métiers concrets, utiles, porteurs de sens. 

Côté social, mon métier permet d’aiguiller et d’orienter les personnes qui sont dans le flou. Je les aide à changer leur statut social et à s’insérer avec le moins de freins possibles. J’identifie les travailleurs de demain et fais en sorte qu’ils aient les clés pour intégrer un emploi stable. C’est à la fois bénéfique pour eux mais aussi pour l’économie du pays.
D’un point de vue environnemental, j’apporte ma pierre à l’édifice en animant des formations à destination des professionnels de l’insertion pour accompagner les demandeurs d’emploi sur les métiers de la transition écologique. L’insertion contribue ainsi elle aussi à construire un avenir plus durable.

*Moulinot collecte, valorise, forme et crée de l’emploi depuis plus de 10 ans et en tant qu’entreprise d’insertion depuis 6 ans.